Edito

« Acteurs de santé : Libérons les intelligences, osons la confiance »

Notre système de santé et la gouvernance des établissements ont été historiquement bâtis sur un mode hiérarchique, très pyramidal. La centralisation du système s’est renforcée ces dernières années. Les contrats proposés par les autorités de tutelles s’apparentent davantage à des actes unilatéraux ou à des contrats d’adhésion qu’à une réelle traduction d’une démarche négociée reposant sur l’autonomie et la volonté des acteurs, tout cela dans un contexte normatif de plus en plus prégnant et souvent incohérent. La dérive bureaucratique mue par une volonté initialement louable de mieux maîtriser les dépenses du système de santé et l’illusion d’uniformisation des pratiques sur les territoires aboutissent à un système dont on peut légitimement s’interroger sur son efficacité.
Cette complexité administrative se retrouve malheureusement dans la gestion quotidienne de nos établissements où les professionnels de santé se plaignent du temps perdu dans des tâches administratives sans plus‑values qui les éloignent de leur cœur de métier, d’où une perte de sens source de malaise chez les hospitaliers.

Nous arrivons probablement à la fin d’un cycle où la défiance doit laisser la place à la confiance, où le contrôle technocratique doit s’effacer au profit de l’accompagnement, où l’initiative et la responsabilisation doivent être encouragées dans un climat plus serein favorisant la reconnaissance des professionnels. La question du passage d’un modèle hiérarchique à une approche plus horizontale, coopérative et collégiale, se pose pour notre système de santé comme elle s’est posée dans le monde de l’entreprise avec le développement de pratiques et concepts théorisés par Isaac Getz et Brian M.Carney en 2012.

Pour s’en convaincre, nous avons connu au cours des vingt dernières années, des transformations de modèles comme par exemple dans la relation soignant‑soigné. Cette relation fondée sur des modes coopératifs nouveaux s’est progressivement rééquilibrée. Les professionnels de santé ont accepté de prendre en compte les savoirs spécifiques des patients au point aujourd’hui de les considérer non seulement comme des partenaires mais comme des « experts » auprès des équipes de soins. A la verticalité de la relation médecin‑malade lui succède désormais une horizontalité des rapports, moins hiérarchiques. Les déterminants sont les mêmes : confiance et autonomie d’intérêt.

Quand l’usager s’engage de plus en plus sur la voie de la responsabilisation c’est tout le système qui doit le faire !
Dans ce contexte, il est aussi essentiel de s’interroger sur l’impact de la révolution de l’intelligence Artificielle sur le management de notre système de santé et sur l’évolution de certains métiers. Celle‑ci est‑elle un outil complémentaire de l’action des professionnels et des usagers permettant de libérer des énergies et d’aller plus loin, ou présente‑t-elle un nouveau risque de déshumanisation de notre système ?

C’est pourquoi, nous vous invitons à contribuer à cette démarche de réflexion participative lors de cette 13e édition du congrès FHF inter‑régional Nouvelle‑Aquitaine Occitanie qui se déroulera du mardi 1e au mercredi 2 octobre 2019 à Agen

Osez, rejoignez‑nous, pour contribuer à ces réflexions dans une ambiance chaleureuse et conviviale !

A bientôt, à Agen !